Pour certains, c’est un réel plaisir de se revoir, partager de véritables bons moments dans la joie et la bonne humeur ; pour d’autres il s’agit plutôt d’obligation ou de contrainte. Et pour cause, l’idée de se retrouver face à des reproches, des remarques déplacées, des réflexions sur son physique, ses vêtements, ses enfants, nous stresse. Au point d’envisager de ne plus participer à ce genre d’événement.

Stop ! Avant d’en arriver là, j’ai le choix d’agir, de retrouver mon pouvoir sur mes émotions, sur mon état d’esprit, au lieu de donner ce pouvoir aux autres !

Tant que je reste dans mes croyances et mes certitudes que mon beau-frère est insupportable, que ma belle-sœur m’énerve, que ma mère est pénible avec ses remarques, j’entretiens un cercle vicieux de pensées et d’émotions négatives.

Comment réussir à prendre du recul par rapport à la situation, à lâcher-prise, et envisager de passer ces moments dans le calme et la sérénité, ou presque ?

Soit je reste dans mes pensées négatives, je me dis que ce sera encore la même chose que d’habitude, je suis rigide, buté, borné, « c’est sûr, ça va encore se passer comme ça » ou « j’ai raison, et il a tort ». Je persiste dans ce mode « automatique ».

Soit, je peux adopter un autre regard, mettre d’autres « lunettes » sur la situation. Je peux devenir curieux, tolérant, sans préjugés et je peux explorer de manière positive ce qui me dérange réellement dans cette situation, tel un observateur indépendant.

Je relativise en me disant que chacun a sa propre conception du monde. Leurs jugements, leurs pensées, leurs opinions se fondent sur leur expérience, leur vécu, leur propre système de valeurs et de croyances. Et cela n’engage qu’eux !

J’ai aussi assez de confiance en moi pour me dire ce que les autres pensent de moi, ça m’est bien égal !

Alors lors de cet événement, si mon collègue Pierre ou ma tante Léa m’énerve, je m’amuse : je choisis 3 personnages inspirants qui me sont sympathiques, voire même atypiques. En partant de la situation qui me pose problème avec elle, j’imagine comment chaque personnage agirait dans cette situation, ce qu’il ressentirait et quels seraient ses propos. Je laisse carte blanche à mon imagination. Ces personnages pourraient être James bond, Madonna, Donald Trump, le roi Philippe, …. Peu importe ! Je sors de mes propres pensées automatiques et j’utilise mon humour.

Et si je sens de la colère monter, rien ne m’empêche de prendre un bol d’air dehors, de bouger un peu, de regarder des photos de moments agréables ou de personnes que j’aime sur mon smartphone, de fermer les yeux et penser avec mes sens à quelques chose que j’aime (le goût d’un carré de chocolat qui fond sous le palais, l’odeur du sapin de Noël,…) ou de me visualiser dans une bulle en respirant calmement.

Dès lors, je me rends compte que je peux être prisonnier ou libre de mes pensées. Toutes mes pensées influencent directement mes émotions et mes comportements. Si je reste dans mes pensées négatives face à cette réunion de famille ou cet événement, les émotions générées seront également négatives (frustration, exaspération, irritation, mécontentement, …) et mon comportement ne fera que refléter cet état intérieur négatif. Mon collègue, ma tante ou mon beau-frère risquent alors en effet de me lancer l’une ou l’autre phrase, remarque que je pendrai évidemment comme une critique……Et cela renforcera ma conviction que ces réunions de fin d’années ne sont vraiment pas pour moi !!

Nous n’avons que peu de contrôle sur ce que les personnes qui nous entourent pensent de nous et nous disent. En revanche, nous pouvons agir sur nous-mêmes et adopter une attitude plus souple, plus ouverte, curieuse de ce qui nous entoure et tout en nuance. Bien sûr, dans un premier temps, cela ne fera pas évoluer la situation. Mais lorsque je décide de voir et d’aborder cette soirée sous un autre angle, je vais me décrisper, déstresser et mon attitude, qui sera perçue par mon entourage, sera également plus positive.

Au fur et à mesure que j’adopterai cette attitude, je vais prendre du recul et me détacher de ce genre de situation. Je vais pouvoir agir avec discernement et lâcher prise. Cela ne veut pas dire que je suis d’accord avec ce qui se passe, mais que j’accepte que cela arrive malgré tout.

Gandhi nous rappelle : « Vous êtes le changement que vous souhaitez voir dans le monde ».

Alors, joyeux Noël, …..ou pas ?